Run In Lyon 2017 – Un premier marathon pour Franck

Moi marathonien ? Jamais de la vie… et pourtant !

Tout d’abord parce qu’on a un super ami qui insiste pour que je franchisse le pas et en plus dans ma ville natale qui me manque tant. Surtout parce que j’ai une superbe future épouse qui m’aide chaque jour à me surpasser un peu plus et à franchir mes limites, moi, le coureur du dimanche qui n’aime pas ça.

Mais ce sont nos anniversaires à Sonia et moi et Julien tient vraiment à ce que nous participions à cet événement à ses cotés, alors, à mes futurs dépends, je dis « oui ». 6 semaines pour se préparer c’est court mais je n’ai qu’une parole alors c’est parti !

Le mois de Septembre est quand même chargé et ce n’est pas trop sérieux car on enchaîne tout de même : la Course des Remparts de Provins, la SoMad Torcy, le Paris-Versailles puis vient le tour du Marathon de Lyon qui sera suivi par les 20km de Paris, le tout entrecoupé par les séances de préparation.

Le week-end tant attendu est là

Rendez-vous Place Bellecour afin de retirer les dossards mais aussi pour voir les copains.

Bien sûr, on retrouve Julien sur le stand Accessoires Running, Marta et Yohan de la Team Smart mais aussi ma cousine que je n’ai pas vu depuis 4 ans bientôt. Une rencontre inattendue aussi puisque la pluie et le froid s’invitent et, franchement, ce n’est pas le moment.

Le village est vraiment génial, plein d’animations, plein de cadeaux et plein de monde…

C’est parti pour la course aux dossards

La file d’attente est assez longue mais finalement fluide. Nous présentons les certificats médicaux pour les faire valider. Toujours un moment de stress dans ces moments là, surtout quand on vient de faire 500km de route, mais tout est ok.

Direction le retrait des dossards et un stand réservé spécialement pour ceux inscrits au marathon. 3000 coureurs contre 25000 pour les semi-marathon et 10km.

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Le racepack est sympa car on reçoit un joli sac de sport estampillé du logo de la course et sans sponsors. C’est sûr, celui-là je vais le garder précieusement. Pour le t-shirt, il faudra terminer la course, une motivation supplémentaire.

Un dernier petit tour sur le village, quelques photos et c’est parti ! Faut quand même pas traîner.

Quand c’est l’heure d’y aller…

Dimanche matin, réveil à 6h00. Pour la première fois, je me fais un petit déj sportif : une assiette de pâtes préparée la veille par ma chère maman (merci encore). D’ailleurs, je vous le redis encore, Lyon est ma ville natale, mes parents et mes deux garçons nous attendrons sur la ligne d’arrivée.

Pour l’équipement, ce sera un t-shirt technique prêt de la peau, le maillot de notre équipe, un short avec un cuissard, une paire de socquettes, une paire de Brooks ainsi que ma ceinture Fitletic avec ses deux gourdes de 250ml et son porte dossard.

Après avoir pris le métro, on rejoint Julien et on finit le trajet à pieds. De nombreux coureurs nous ont déjà doublé en guise d’échauffement.

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Beaucoup de monde sur la place et après un tour aux consignes, très bien organisées d’ailleurs, nous rejoignons notre sas de départ.

Une petite interview pour notre youtubeur préféré suivi d’une autre pour la vidéo officielle.

On revoit encore les copains, encore des photos et quelques encouragement et là, faut y aller !

Plus on se rapproche de ligne de départ, plus ça se secoue dans ma tête mais on a dit qu’on le ferait. Puis c’est le coup d’envoi, après plusieurs faux départs.

C’est vraiment parti  !

La météo est très agréable et puis, honnêtement, je me sens bien, pour la première fois je cours chez moi ! On se cale à 9,5 km/h et nous arriverons à garder ce rythme jusqu’au 33ème kilomètre mais, je vous expliquerai après.

J’avais prévu de mettre mes écouteurs, de m’enfermer dans ma bulle pour un maximum de concentration et par peur de l’échec mais entre Julien qui n’arrête pas de parler et Sonia qui pose plein de questions, mission impossible alors j’abandonne l’idée 😆

Les kilomètres défilent, le rythme est respecté, le cardio va bien et le souffle est bon. Les jambes ne semblent pas souffrir non plus.

Une première ligne droite le long des quais est très agréable, aucune difficulté. On passe devant de nombreux monuments de Lyon mais c’est le trou noir, impossible de me rappeler le nom de la plupart d’entre eux. C’est certainement dû au stress. Du coup, je passe pour un touriste…

On continue d’avancer et tout me parait agréable, on discute, on rigole, on s’encourage, je me permets même quelques pas de danse devant des musiciens mais je laisse ma place à Sonia qui maîtrise mieux que moi.

Et puis c’est le début des pauses pipi qui commencent. 3 en 12 km, à ce rythme là ça promet !

Séparation

Le 16ème approche et nous arrivons à l’entrée du Tunnel de la Croix-Rousse qui indique que ceux qui font le marathon se séparent de ceux qui font le semi.

Du coup, tout se bouscule dans ta tête, tu te dis Waouhhhhhhhhhhh qui aurait cru un jour que je prenne ce chemin, si t’arrive au bout, tu seras marathonien !

Alors forcément, ça te boost encore un peu plus et la déconnade est toujours là. Ambiance assurée sous le tunnel grâce à Sonia qui pousse la chansonnette, enfin, hurle quelques refrains de hits américains pour le plaisir de nos voisins car j’ai l’impression que ça n’amuse pas trop certains marathoniens.

Sortie du tunnel, c’est la séparation pour de bon. Direction la Cité Internationale de Lyon puis le Parc de la Tête d’Or et là, grosse déception : nous n’avons plus l’impression d’être dans une course mais de faire la ballade du dimanche. Nous courons au milieu de gens qui se promènent, poussettes et cyclistes compris. Ce sera comme ça jusqu’à l’arrivée mais on ne le sait pas encore.

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Arrivée au semi, idem ! Juste une borne, pas de panneau et un gars sur une chaise qui t’encourage. Bon, ben pas grave, on est quand même dans notre timing. Du coup on joue un peu avec les oies… 😆

Sortie du parc, bitume à coté des voitures et début d’un petit coup de mou pour moi, douleurs au genou pour Sonia mais on est encore frais, on se refait au ravitaillement.

Direction les quais du Rhône maintenant avec une interminable ligne droite en direction de Gerland.

27ème kilomètre, c’est là que ça devient dur, les jambes commencent à se raidir mais on tient le rythme, l’objectif fixé est toujours envisageable.

Dans le dur

Une dernière photo avec Julien et je lui explique que je vais avoir besoin d’un peu de motivation musicale.

Dernier briefing et derniers mots d’encouragement de sa part que je n’oublierai pas et la séparation se fait naturellement. Maintenant ça va être dur, je cours en solitaire. Pour moi c’est une première, je vais devoir découvrir mes limites et surtout les dépasser.

Je suis rejoint par Sonia, on passe le 30ème, pareil, grosse déception. Je m’attendais à autant d’animation que lorsque j’avais encouragé Sonia au fameux mur des 30 sur le marathon de Paris mais non, rien du tout.

Faut avancer quand même et on s’accorde quelques pas de marche. C’est le début de l’accordéon avec les autres coureurs qu’on dépasse pendant qu’ils marchent et vice-versa mais il y a toujours une petit tape sur l’épaule et quelques mots d’encouragement à donner ou à recevoir. C’est donc ça le fair-play chez les coureurs, dommage que d’autres soient trop orgueilleux pour ça.

Puis c’est le fameux 33ème kilomètre, celui où je m’effondre totalement, finalement je n’ai pas le mental. Je n’ai plus de jambes mais j’ai le souffle et le cardio va bien ! Pourquoi ça ne veut plus avancer ? En plus nous sommes dans une zone industrielle et, franchement, on a envie de tout arrêter.

Ne jamais lâcher

Trop de questions dans ma tête, je ne dois pas être fait pour ça. Je n’ai aucun plaisir alors je craque, je chiale comme un gosse, de gros sanglots.

Et c’est à ce moment là que ma bien aimée arrive, du coup elle n’ose pas me parler, ni m’encourager. Elle sait que je n’aime pas courir et que j’abandonne souvent face à la difficulté.

Un seul geste de sa part à suffit : elle essuie mes larmes en me disant de penser à mes enfants qui m’attendent à l’arrivée et qu’on doit leur rapporter cette médaille !

Alors on repart, main dans la main, mais sans un mot de plus car il reste 9km qui vont se faire dans la douleur mais avec une petite joie quand même. On traverse le Stade de Gerland où je me rappelle cette folle ambiance quand, gamin, mon père m’emmenait voir les matchs de l’Olympique Lyonnais.

Du coup, je repense à mes parents qui m’ont toujours encouragé et à mon père qui voulait tant que je fasse un marathon et puis eux aussi m’attendent à l’arrivée alors on fonce.

Nous retrouvons notre allure de course mais nous sommes dans le rouge quand même, ma gourde tombe au sol, aïe faut la ramasser, ça coince un peu alors on se marre 😆

Nous y sommes presque

Quelques kilomètres encore, nous arrivons au Musée des Confluences avec un passage compliqué sur les berges avec plein de pavés. Du coup faut lever un peu plus les jambes mais bon, plus que 3km.

Finalement, voici le dernier kilomètre, ça va mieux, l’excitation est de retour et on s’encourage les uns les autres.

Certains marchent mais on se dit qu’on a pas le droit alors on encourage une coureuse et on lui dit de s’accrocher à nous. Je crois qu’elle en avait autant besoin que nous.

Les derniers 200 mètres approchent, on entend la musique, la foule et on voit cette fameuse ligne d’arrivée. J’aperçois mes parents et je vois la fierté sur leur visage.

Moment magique, Ruben et Raphaël nous rejoignent et nous prennent la main pour un sprint final, du moins, c’est ce qu’on croyait 😀

Nous avons aussi une grosse pensée pour Sandy, la fille de Sonia, qui n’a pu être avec nous pour vivre cet instant magique.

Nous sommes Finishers ! Je suis Finisher, je suis marathonien !!

C’est l’heure des félicitations et des accolades et je n’ai même plus de larmes pour pleurer. Mon visage est marqué par la fatigue. J’ai même l’impression que mes jambes veulent continuer mais là, c’est moi qui dit STOP !

Une superbe médaille m’attend, même mes enfants ont le droit à la leur (merci madame 😉 ).

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A l’heure où j’écris ces mots j’ai encore quelques larmes qui coulent car ça restera pour moi un moment d’amitié et d’amour que je n’oublierai jamais. Alors encore un grand merci à Sonia et Julien.

J’ai aussi beaucoup de respect pour ces coureurs qui font de superbes performances, peut-être plus pour ceux qui savent rester humbles que ceux qui font des podiums.

Maintenant place au repos et à la récup et je l’espère à bientôt !

Compte-rendu par Franck de la Triplex Team.

Rédacteur d'un jour

Ils aiment courir, ils partagent leurs aventures et leurs conseils, ils sont rédacteurs d'un jour pour Accessoires Running.

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